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On oublie tant de soirs de tristesse, mais jamais un matin de tendresse...

On oublie tant de soirs de tristesse, mais jamais un matin de tendresse...
Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes, J'parlais bien fort pour être un homme. J'disais : je sais, je sais, je sais, je sais. C'était le début, c'était le printemps. Mais quand j'ai eu mes dix-huit ans, j'ai dit : je sais, ça y est, cette fois, je sais. Et aujourd'hui, les jours où je me retourne. Je regarde la Terre où j'ai quand même fait les cent pas... Et je n'sais toujours pas comment elle tourne ! Vers vingt-cinq ans, j'savais tout : l'amour, les roses, la vie, les sous. Tiens oui l'amour, j'en avais fait tout l'tour ! Mais heureusement, comme les copains, j'avais pas mangé tout mon pain : au milieu de ma vie, j'ai encore appris. Ce que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots : Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau. J'peux pas mieux dire : il fait très beau ! C'est encore ce qui m'étonne dans la vie. Moi qui suis à l'automne de ma vie. On oublie tant de soirs de tristesse, mais jamais un matin de tendresse ! Toute ma jeunesse, j'ai voulu dire "je sais", seulement, plus je cherchais, et puis moins j'savais.
Il y a soixante coups qui ont sonné à l'horloge et j'suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j'm'interroge : Maintenant je sais, je sais qu'on n'sait jamais ! La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses. On n'sait jamais le bruit ni la couleur des choses. C'est tout c'que j'sais ! Mais ça, j'le sais !
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# Posté le dimanche 22 février 2009 11:00

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